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vendredi
avr.242009

Lire sur la crise : Le FMI est les perspectives financières mondiales

Le Fonds Monétaire International a douché l’enthousiasme de ceux qui commençaient à parler de sortie de crise par la publication le 22 avril de son rapport semi-annuel The Global Finance  Stability Report. En un mot, cela ira plus mal avant d’aller mieux.

Le point le plus commenté de ce rapport tient à l’évaluation par le FMI des dépréciations d'actifs dues à la crise, qui pourraient coûter 4 054 milliards de dollars au système financier planétaire sur la période 2007-2010.

La "facture" se chiffrerait à 2 712 milliards de dollars pour le secteur financier (banques, mais aussi assureurs, fonds de pension...) aux Etats-Unis, à 1 193 milliards de dollars en Europe (zone euro et Royaume-Uni) et à 149 milliards de dollars au Japon.

Selon le FMI, ce sont les banques qui supporteront les deux tiers de ces pertes. Mais il leur faut encore accepter de comptabiliser les deux-tiers de cette somme.

Si la prise en compte des pertes est donc encore incomplète, le FMI a calculé l'effort financier qui reste nécessaire à ses yeux pour recapitaliser ces banques. Il envisage deux scénarios.

Le premier consisterait en un rétablissement du ratio fonds propres sur actifs d'avant la crise, soit 4 %. Il nécessiterait que soient injectés dans les banques américaines 275 milliards de dollars de capitaux, dans celles de la zone euro 375 milliards, dans celles du Royaume-Uni 125 milliards et dans celles du reste de l'Europe 100 milliards.

Le deuxième scénario rétablirait le ratio à son niveau des années 1990, soit 6%. Les capitaux requis seraient de 500 milliards de dollars aux Etats-Unis, 725 milliards dans la zone euro, 250 milliards au Royaume-Uni et 225 milliards dans les autres pays d'Europe.

Si le FMI a publié ces chiffres qui donnent le vertige, c'est que le nettoyage bancaire ne lui semble pas en bonne voie. Or le Fonds est persuadé, pour avoir analysé 122 crises, que celles qui débutent dans la finance - comme l'actuelle - sont les pires et les plus longues.

On trouve sur Internet un résumé analytique intitulé Perspectives de l’économie mondiale (PDF), mais aussi un autre résumé analytique intitulé Rapport sur la stabilité financière dans le monde (PDF). Le second est plus technique et axé sur les recommandations du FMI , comme "Évaluer sans tarder la viabilité des banques et leur recapitalisation" (on pensait que c’était déjà fait, non ?) ou bien "La restructuration peut exiger une prise de contrôle provisoire par l’État" et aussi "Un traitement systématique des « actifs compromis » — structures de cantonnement et garanties"  (les « actifs compromis », quelle  belle litote !).

 

Le premier est plus descriptif de la situation générale et davantage orienté vers les prévisions. C’est de ce texte que sont tirées les informations ci-dessus. Il y a quelques passages qui valent d’être cités.

"Les réactions très diverses et souvent peu orthodoxes des décideurs économiques n’ont guère réussi à stabiliser les marchés financiers ni à contenir la baisse de la production, car elles n’ont pu stopper l’enchaînement de rétroactions nocives entre le fléchissement de l’activité et les intenses difficultés financières. Maintes initiatives ont été prises afin de stopper l’hémorragie, notamment par des injections de fonds publics et tout un assortiment de facilités de liquidité, de détente monétaire et de plans de relance budgétaire. Encore qu’il y ait eu quelques signes encourageants d’une amélioration des indices d’opinion depuis la réunion du Groupe des Vingt (G-20) du début avril, le niveau de confiance est encore très bas sur les marchés financiers, ce qui pèse sur les perspectives de reprise rapide. (…)

"Les projections des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) reposent sur l’hypothèse de base que la stabilisation des marchés financiers va prendre plus longtemps que prévu initialement, même portée par les efforts vigoureux des décideurs. Les problèmes financiers des pays avancés resteront donc sérieux pendant une bonne partie de l’année 2010, ne se résolvant que lentement à mesure que la clarification des pertes sur les actifs improductifs et les injections de fonds publics réduiront les craintes d’insolvabilité, amoindriront les risques de contrepartie et la volatilité des marchés et rétabliront un meilleur niveau de liquidité des marchés. Il faut s’attendre à une raréfaction du crédit global au secteur privé dans les pays avancés, tant en 2009 qu’en 2010 . (...)

"Même à supposer que des politiques résolues soient mises en œuvre et que le rythme de contraction se ralentisse à compter du second trimestre, les projections actuelles font état d’une baisse de l’activité mondiale de 1,3 % en 2009. (..) Cela constituerait de loin la récession la plus profonde de la période postérieure à la Seconde Guerre mondiale. En outre, le retournement conjoncturel est véritablement mondial : d’après les projections, la production par habitant diminuera dans des pays représentant les trois quarts de l’économie mondiale et la croissance a nettement décéléré dans quasiment tous les pays, par rapport aux taux observés au cours de la période 2003–07. La croissance devrait reprendre en 2010, mais à un rythme de tout juste 1,9 % , elle serait bien molle en comparaison des reprises antérieures, ce qui concorde avec les conclusions du chapitre 3, selon lesquelles les reprises qui font suite à une crise financière sont plus lentes que les autres."

Dans ce document, le FMI présente aussi les résultats de ses études sur les récessions passées. Le chapitre 3  du rapport général, nous dit ce résumé analytique, "examine la nature des récessions et des reprises, ainsi que le rôle de la politique macroéconomique. Il étudie les cycles conjoncturels dans 21 pays avancés de 1960 jusqu’à maintenant. Hormis les récessions actuelles, l’échantillon compte 15 récessions que l’on peut rattacher à des crises financières et trois qui ont été mondialement synchronisées. (..) 

«Mais la dynamique macroéconomique et financière des récessions et des reprises varie selon la nature des chocs », nous disent les experts du FMI : « Ainsi, les récessions associées à des crises financières sont habituellement graves et durables. Les crises financières font généralement suite à des périodes d’essor rapide du crédit et de forte hausse des prix des actifs. Les reprises qui s’ensuivent sont souvent freinées par la faiblesse de la demande privée et du crédit, qui découle en partie des efforts des ménages pour augmenter leur taux d’épargne et redresser leurs bilans. Elles sont fréquemment tirées par une amélioration du solde des échanges, résultant d’une dépréciation du taux de change et d’une baisse des coûts unitaires. (1975, 1980 et 1992).

Ce qu’illustre le schéma suivant.

 

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Reader Comments (1)

Le taux des fonds propres ne suffit pas pour réguler les banques, il est nécessaire de revoir le statut des banques de détail (financer l'économie réelle : développement des projets industriels, commerciaux et d'innovations techniques...prendre des risques sur le développement technique...).

octobre 19, 2010 | Unregistered CommenterTaux

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