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vendredi
mai012009

Canada: prévisions d'exportations

Exportation et Développement Canada publie ses Prévisions à l’exportation – Printemps 2009. Vous pouvez télécharger sur le site de l’EDC l’intégralité du rapport en PDF ou son sommaire exécutif. Mais vous pouvez trouver ici le sommaire exécutif en PDF.

L’analyse est précédée d’une introduction par Peter G. Hall, vice-président et économiste en chef d’EDC dans lequel celui-ci revient sur les causes de la crise actuelle. Il met justement le doigt sur un certains nombre de mécanismes qui ont entrainé l’économie mondiale vers la catastrophe. Ainsi quand il écrit que «Les excès dans l’économie américaine ont entrainé les excès de la production chinoise», il désigne bien ce qui est au cœur du déséquilibre mondial, et qui est plus dangereux encore que les abus perpétrés par des financiers qui se croyaient géniaux.

Je regretterai simplement que par facilitée d’écriture, il fasse de l’anthropomorphisme à propos de certains mécanismes économiques. Quand il écrit «Les récessions sont le moyen qu’emploie l’économie pour faire éclater les bulles », on imagine Madame Récession avec une épingle chapeau, qui s’approche d’une méchante bulle pour la transpercer, sous l’œil bonasse de Madame Economie… En d’autres temps, sous la plume d’économistes réputés, les cycles de Kondratieff semblaient eux aussi doués d’une vie autonome et se comportaient, à en croire les auteurs, comme cette tortue géante des mythologies asiatiques, sur le dos de laquelle repose le monde.

Ce document n'en est pas moins riche d’un très grand nombre d’informations et de tableaux éclairants. En voici trois.

On lira avec un particulier intérêt ce que M. Hall dit des occasions d’affaires dans cette période de crise.

« Dans cette conjoncture, écrit-il, il est évident que le nombre de débouchés pour les exportateurs sera considérablement plus bas et qu’aucune industrie n’échappera aux effets de la récession. Mais nous avons encore des atouts sur quelques fronts ».

Et de rappeler l’avantage que nous donne un huard revenu autour de 80 cents pour un 1 dollar américain, tant sur nos prix de vente que sur le coût des intrants composés de biens primaires.

Il note aussi, et c’est plus audacieux que « les marchés émergents non traditionnels sont un facteur qui joue en notre faveur. Même si elle est touchée par la récession générale, la croissance sur ces marchés sera encore supérieure à la moyenne ». «Les exportateurs canadiens l’ont déjà découvert, ajoute-t-il. Au cours des deux dernières années, les ventes aux marchés non traditionnels ont augmenté à un taux à deux chiffres, alors que les hausses des ventes sur les marchés traditionnels ont été dérisoires. »

Enfin, il remarque que les efforts des Etats pour relancer l’économie passent presque partout par de grands projets d’infrastructure mais, écrit-il «Dans certains cas, des projets d’infrastructure à grande échelle sont réalisés dans des économies qui ont très peu de production intérieure à y consacrer »; ce sont là des opportunités à saisir.

Ce ne sera pas de trop, car dans la section du sommaire exécutif consacré aux « Perspectives d’exportation du Canada », sous la plume de Stuart Bergman, on voit bien à quel point cela va aller mal avant d'aller mieux.

"Les exportations du Canada devraient afficher un énorme déclin de 20 % cette année, avec un recul de 100 G CAD, vu que la croissance du PIB mondial devient négative, les cours des produits de base restent bas et le secteur financier subit toujours des pressions. Ces facteurs entraîneront la plus forte baisse des volumes d’exportations depuis 1975 et annuleront largement les avantages de la dépréciation de 18 % du CAD, qui fait augmenter la valeur en CAD des exportations canadiennes surtout libellées en USD. En 2010, les exportations rebondiront de 7 %, grâce à la légère croissance positive du PIB mondial – découlant en partie de divers programmes de relance budgétaire – et à la hausse des cours des produits de base; les volumes d’exportations ne devraient augmenter que de 1 %. La croissance des exportations vers les marchés développés et émergents sera à peu près équivalente et se comparera à celle de 2002, quand les É.-U. étaient sortis de leur dernière récession. » 

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