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<!--Generated by Squarespace Site Server v5.11.81 (http://www.squarespace.com/) on Tue, 14 Feb 2012 07:35:36 GMT--><rss xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" version="2.0"><channel><title>Blog</title><link>http://www.globaleconomie.com/blog/</link><description></description><lastBuildDate>Fri, 09 Dec 2011 01:42:35 +0000</lastBuildDate><copyright></copyright><language>fr-CA</language><generator>Squarespace Site Server v5.11.81 (http://www.squarespace.com/)</generator><item><title>Obama prononce au Kansas le discours de Sarko à Toulon</title><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><pubDate>Fri, 09 Dec 2011 01:30:56 +0000</pubDate><link>http://www.globaleconomie.com/blog/2011/12/8/obama-prononce-au-kansas-le-discours-de-sarko-a-toulon.html</link><guid isPermaLink="false">271126:2733834:14035945</guid><description><![CDATA[<p><em>Sur son blogue, <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=31717" target="_blank">Paul Jorion </a>donne un article "presslib", c'est &agrave; dire qui peut &ecirc;tre librement reproduit pour peu que l'on en cr&eacute;dite convenablement l'auteur.</em></p>
<p><em>Il s'amuse de voit que le pr&eacute;sident Am&eacute;ricain, dans un discours de (quasi) campagne &eacute;lectorale, rappelle clairement les origines et la m&eacute;canique de la crise financi&egrave;re, dans des termes que Jorion lui-m&ecirc;me r&eacute;p&egrave;te depuis trois ou quatre ans et qui sont somme toute asses proches du "discours de Toulon" de Sarkosy. Un discours dans lequel celui-ci montrait qu'il avait tout compris, sauf apparemment qu'il fallait passer de la parole aux actes et s'attaquer aux racines du probl&egrave;me plut&ocirc;t que d'&eacute;grener les palliatifs.</em></p>
<p><em>D&eacute;cid&egrave;ment tout aura &eacute;t&eacute; dit sur l'architecture de cette crise et cons&eacute;quences. Je ne crois pas qu'il y ait encore un pingouin sur sa banquise qui n'en ait pas compris le m&eacute;canisme. Et pourtant les gouvernements continuent de traiter la fi&egrave;vre sans vouloir nommer et reconna&icirc;tre la maladie. Qu'importe, les peuples paieront tout ce qu'il faut pour que la partie puisse recommencer comme avant..</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Non, M. Obama ne lit pas le blog de Paul Jorion (enfin, je ne pense pas&nbsp;!). Alors comment se fait-il que&nbsp;<a href="http://www.nytimes.com/2011/12/07/us/politics/text-obamas-speech-in-kansas.html?_r=1&amp;ref=politics">le discours qu&rsquo;il a prononc&eacute;</a>&nbsp;avant-hier &agrave; Osawatomie dans le Kansas, pourrait tout aussi bien avoir &eacute;t&eacute; &eacute;crit par moi-m&ecirc;me&nbsp;?</p>
<p>Une hypoth&egrave;se envisageable est celle de la pure co&iuml;ncidence. Une autre, est que M. Obama a &ndash; pour une fois &ndash; d&eacute;crit les choses telles qu&rsquo;elles sont, et c&rsquo;est l&agrave; l&rsquo;hypoth&egrave;se qui me semble la plus plausible. Voici un bref &eacute;chantillon de son discours&nbsp;:</p>
<blockquote>
<p>Bien longtemps m&ecirc;me avant que la r&eacute;cession ne d&eacute;bute, travailler dur ne faisait plus aucune diff&eacute;rence pour la plupart des gens. Un nombre de plus en plus restreint des personnes qui contribuaient au succ&egrave;s de notre &eacute;conomie b&eacute;n&eacute;ficiaient v&eacute;ritablement de ses avanc&eacute;es. Ceux qui vivent au sommet s&rsquo;enrichissaient plus que jamais, du fait de leurs r&eacute;mun&eacute;rations et de leurs investissements. Mais la grande masse des autres s&rsquo;escrimaient avec des co&ucirc;ts en hausse constante et des feuilles de paie pour qui ce n&rsquo;&eacute;tait pas le cas &ndash; et un nombre toujours croissant de familles s&rsquo;endettaient toujours davantage, pour ne pas sombrer. [&hellip;] Le ch&acirc;teau de cartes s&rsquo;effondra en 2008. [&hellip;]</p>
<p>L&rsquo;histoire est maintenant connue de tous&nbsp;: des cr&eacute;dits hypoth&eacute;caires accord&eacute;s &agrave; des m&eacute;nages qui ne pouvaient pas se les permettre, et qui bien souvent n&rsquo;en comprenaient pas les termes. Des banques et des investisseurs &agrave; qui on a permis de reconditionner les risques qui en d&eacute;coulaient et de les revendre. Des paris colossaux &ndash; et des bonus colossaux &ndash; faits et accord&eacute;s avec l&rsquo;argent de quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre. Des r&eacute;gulateurs dont on supposait qu&rsquo;ils nous alerteraient quant aux dangers caus&eacute;s par tout cela, mais qui regard&egrave;rent ailleurs ou n&rsquo;avaient m&ecirc;me pas le pouvoir de regarder. [&hellip;]</p>
<p>Les aci&eacute;ries qui avaient besoin autrefois de 1.000 ouvriers font aujourd&rsquo;hui le m&ecirc;me travail avec seulement 100, et les licenciements sont du coup trop souvent permanents. Et de tels changements n&rsquo;&eacute;pargnent pas les cadres. Si vous &eacute;tiez guichetier d&rsquo;une banque, r&eacute;ceptionniste ou agent touristique, la plupart d&rsquo;entre vous ont &eacute;t&eacute; remplac&eacute;s par un distributeur de billet ou par l&rsquo;Internet. [&hellip;]</p>
<p>Examinez les statistiques&nbsp;: au cours des derni&egrave;res d&eacute;cennies, le revenu moyen du 1% au sommet a augment&eacute; de 250% [&hellip;] Le dirigeant d&rsquo;entreprise typique qui touchait autrefois 30 fois ce que gagnaient ses employ&eacute;s, gagne aujourd&rsquo;hui 110 fois plus. Et pendant ce temps-l&agrave;, les revenus de la grande masse des Am&eacute;ricains ont baiss&eacute; de 6%. [&hellip;]</p>
<p>Quand les m&eacute;nages de la classe moyenne ne peuvent plus s&rsquo;offrir les biens et les services que les entreprises proposent, c&rsquo;est l&rsquo;&eacute;conomie dans son ensemble qui coule [&hellip;] Les pays qui connaissent moins de disparit&eacute;s ont des &eacute;conomies plus solides et connaissent une croissance plus forte et plus robuste sur le long terme.</p>
<p>Les in&eacute;galit&eacute;s op&egrave;rent des distorsions sur la d&eacute;mocratie. Elles amplifient la voix du petit nombre qui peuvent recruter des lobbyistes excessivement bien pay&eacute;s et se permettre des dons au montant illimit&eacute; aux campagnes des politiques. Le risque est grand que notre d&eacute;mocratie ne soit mise &agrave; l&rsquo;encan et rafl&eacute;e par le plus offrant.</p>
</blockquote>
<p>&laquo;&nbsp;Voil&agrave; le Barack Obama que beaucoup d&rsquo;entre nous imaginaient avoir &eacute;lu en 2008&nbsp;&raquo;, &eacute;crit avec un certain enthousiasme,&nbsp;<a href="http://robertreich.org/post/13852130536">Robert Reich</a>, ancien Secr&eacute;taire &agrave; l&rsquo;emploi de Bill Clinton.</p>
<p>Quand je dis que M. Obama &laquo;&nbsp;se rend &agrave; Toulon&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est bien s&ucirc;r une image. Ce que je veux dire, c&rsquo;est qu&rsquo;il &laquo;&nbsp;dit les choses comme elles sont&nbsp;&raquo;. Mais j&rsquo;entends affirmer encore autre chose&nbsp;: qu&rsquo;il ne suffit pas de &laquo;&nbsp;dire les choses comme elles sont&nbsp;&raquo;, qu&rsquo;il faut encore, si l&rsquo;on dispose du pouvoir, ce qui est logique si on est chef d&rsquo;&Eacute;tat par exemple, et si l&rsquo;on comprend que ce qui &laquo;&nbsp;rend confiance aux march&eacute;s&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est qu&rsquo;on leur rembourse l&rsquo;argent qu&rsquo;on leur doit, et que si on ne peut pas, il vaut mieux le leur dire le plus rapidement possible, plut&ocirc;t que de leur faire miroiter ind&eacute;finiment qu&rsquo;il sera peut-&ecirc;tre possible de piquer les sous qui manquent dans la poche du contribuable alors que celui-ci est fauch&eacute;, et je referme ici la parenth&egrave;se&nbsp;: il ne suffit pas de &laquo;&nbsp;dire les choses comme elles sont&nbsp;&raquo;, il faut encore agir en cons&eacute;quence, et poser les actes qui d&eacute;coulent logiquement de la brillante analyse qu&rsquo;on en a faite. Sans quoi l&rsquo;on sera tax&eacute; un jour ou l&rsquo;autre de schizophr&egrave;ne&nbsp;: que si celui qui pense et celui qui agit se partagent bien le m&ecirc;me corps, ils ne sont apparemment pas pour autant la m&ecirc;me personne. Et que nous pourrions, de notre c&ocirc;t&eacute;, nous contenter &agrave; l&rsquo;avenir d&rsquo;&eacute;couter leurs beaux discours d&rsquo;une oreille seulement distraite. En attendant que &ccedil;a se passe.</p>
<blockquote>
<p><strong>(*) Un &laquo; article presslib&rsquo; &raquo; est libre de reproduction num&eacute;rique en tout ou en partie &agrave; condition que le pr&eacute;sent alin&eacute;a soit reproduit &agrave; sa suite. Paul Jorion est un &laquo; journaliste presslib&rsquo; &raquo; qui vit exclusivement de ses droits d&rsquo;auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d&rsquo;&eacute;crire comme il le fait aujourd&rsquo;hui tant que vous l&rsquo;y aiderez.</strong></p>
</blockquote>]]></description><wfw:commentRss>http://www.globaleconomie.com/blog/rss-comments-entry-14035945.xml</wfw:commentRss></item><item><title>De l'économie à la française</title><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><pubDate>Fri, 21 Oct 2011 02:31:20 +0000</pubDate><link>http://www.globaleconomie.com/blog/2011/10/20/de-leconomie-a-la-francaise.html</link><guid isPermaLink="false">271126:2733834:13398753</guid><description><![CDATA[<p><iframe frameborder="0" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xlrftp"></iframe><br /><a href="http://www.dailymotion.com/video/xlrftp_olivier-delamarche-preparez-vous-a-vivre-des-annees-tres-difficiles-18-10-2011-bfm-business-18-octob_news" target="_blank">Olivier Delamarche - Pr&eacute;parez vous &agrave; vivre des...</a> <em>par <a href="http://www.dailymotion.com/MinuitMoinsUne" target="_blank">MinuitMoinsUne</a></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un extrait d'&eacute;mission t&eacute;l&eacute;vis&eacute;e... de la quintessence de franchouillerie ! J'avais oubli&eacute;...</p>
<p>Un d&eacute;lice. Il est bon le petit Delamarche!</p>
<p>Au moins si les Fran&ccedil;ais vont dans le mur ils n'auront pas perdu le sens de l'humour et le plaisir de discuter en s'engueulant... &agrave; moins que &ccedil;a ne soit l'inverse.</p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.globaleconomie.com/blog/rss-comments-entry-13398753.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Wall Street, war street?</title><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><pubDate>Wed, 19 Oct 2011 01:37:03 +0000</pubDate><link>http://www.globaleconomie.com/blog/2011/10/18/wall-street-war-street.html</link><guid isPermaLink="false">271126:2733834:13370975</guid><description><![CDATA[<p class="p1"><span class="full-image-float-left ssNonEditable"><span><img src="http://www.globaleconomie.com/storage/warstreet_292.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1318989001588" alt="" /></span></span>Dans nos pays confortables et (presque) pacifi&eacute;s, les bruits de la rue ont quelque chose d&rsquo;inconvenant.</p>
<p class="p1">Le mouvement <em>Occupy Wall Street</em> a commenc&eacute; par &ecirc;tre poliment n&eacute;glig&eacute; par les m&eacute;dias nord-am&eacute;ricains.</p>
<p class="p1">Comme ils ne se sont pas &eacute;vanouis dans la nature mais ont au contraire commenc&eacute; &agrave; se r&eacute;pandre, les comptes-rendus journalistiques concernant ces occupations sont devenus plus fr&eacute;quents, mais toujours prudents.&nbsp;</p>
<p class="p2">Il est plaisant de voir comment les journalistes trempent leur plume dans le vitriol d&egrave;s qu&rsquo;il s&rsquo;agit de d&eacute;noncer la turpitude d&rsquo;un employ&eacute; de mairie qui a forc&eacute; sur sa note frais, mais semblent curieusement d&eacute;c&eacute;r&eacute;br&eacute;s lorsque des manifestants cornent sous leur fen&ecirc;tre qu&rsquo;il y a quelque chose de pourri dans le fonctionnement de notre syst&egrave;me &eacute;conomique.</p>
<p class="p2">Les journaux mentionnent les &laquo;campeurs&raquo; de Wall Street ou d&rsquo;ailleurs, signalent que ces m&eacute;contents sont m&eacute;contents du syst&egrave;me fiscal de leur pays, ou quelque chose de ce genre. Et puis, un point; c&rsquo;est tout. Aucune r&eacute;flexion un peu approfondie, un peu document&eacute;e, sur les causes profondes de ce malaise social. Il y a des choses qui ne se pensent pas semble-t-il.</p>
<p class="p2">Les semaines passent et les &laquo;&nbsp;Indignados&nbsp;&raquo; s&rsquo;indignent dans diff&eacute;rentes langues et sur diff&eacute;rents continents. Les plus myopes des observateurs voient bien que le pr&eacute;sident Obama, qui y a sans doute un int&eacute;r&ecirc;t &eacute;lectoral, les soutient &agrave; demi mot.&nbsp;</p>
<p class="p2">Les commentaires se font alors plus fr&eacute;quents, oscillant entre une bienveillance un peu paternaliste et un d&eacute;dain &agrave; peine masqu&eacute; pour ces trublions, sans chef et sans programme. Les &eacute;ditorialistes pr&eacute;voient que le mouvement s&rsquo;&eacute;teindra de lui-m&ecirc;me et se dispersera &agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e du G&eacute;n&eacute;ral Hiver</p>
<p class="p2">C&rsquo;est probable, pour l&rsquo;Am&eacute;rique du Nord en tout cas. L&rsquo;Europe pourrait pr&eacute;senter un autre cas de figure.</p>
<p class="p2">Mais ce qui me para&icirc;t le plus int&eacute;ressant dans ce mouvement social, c&rsquo;est qu&rsquo;il exprime une prise de conscience, le cheminement d&rsquo;une compr&eacute;hension par &laquo;les 99%&raquo; de certaines failles de notre syst&egrave;me &eacute;conomique et enfin la conviction qu&rsquo;il faudrait s&eacute;rieusement reconsid&eacute;rer celui-ci, pour le remonter d&rsquo;une autre fa&ccedil;on.&nbsp;</p>
<p class="p2">Il aura fallu trois ans pour que ce savoir collectif se mette en place. Acc&eacute;l&eacute;ration &eacute;tonnante quand on y songe, puisque le syst&egrave;me est bancal depuis le d&eacute;but des ann&eacute;es Reagan et qu'il avait su &eacute;viter jusqu&rsquo;ici une remise en cause frontale.</p>
<p class="p2">Les m&eacute;dias sociaux y sont sans doute pour beaucoup, mais les &eacute;conomistes aussi, qui font depuis la crise des <em>subprimes</em> un remarquable travail de r&eacute;flexion sur notre soci&eacute;t&eacute; et son avenir, alors que les &laquo;&nbsp;intellectuels&nbsp;&raquo; sont absents et les journalistes muets.</p>
<p class="p2">Si elle avait lieu, cette refonte du syst&egrave;me &eacute;conomique m&eacute;riterait-t-elle le nom de &laquo;r&eacute;volution&raquo; ?&nbsp; Le mot, me semble-t-il, est trop charg&eacute; d&rsquo;histoire, d&rsquo;absolu et d&rsquo;&eacute;pisodes sanglants pour correspondre &agrave; ce qui serait probablement une recombinaison des &eacute;l&eacute;ments qui constituent le capitalisme, mais dans une configuration un peu plus &eacute;quilibr&eacute;e.</p>
<p class="p2">Pour compl&eacute;ter votre information, je ne r&eacute;siste pas au plaisir de reproduire ici une partie d&rsquo;un discours prononc&eacute; par celui que l&rsquo;on devrait consid&eacute;rer comme le premier des Indignados, tant son analyse est limpide et p&eacute;n&eacute;trante.</p>
<p class="p2">C&rsquo;est en 2008, &agrave; Toulon, que Nicolas Sarkosy a prononc&eacute;, avec la sinc&eacute;rit&eacute; qu&rsquo;on lui conna&icirc;t (<em>Note pour les lecteurs innatentifs.... c'est de l'ironie, bien s&ucirc;r</em>), cette plaidoirie pour une refonte en profondeur de notre syst&egrave;me &eacute;conomique&nbsp;:</p>
<p class="p2">&nbsp;<em>&laquo;&nbsp;Au fond, c&rsquo;est une certaine id&eacute;e de la mondialisation qui s&rsquo;ach&egrave;ve avec la fin du capitalisme financier qui avait impos&eacute; sa logique &agrave; toute l&rsquo;&eacute;conomie et avait contribu&eacute; &agrave; la pervertir. L&rsquo;id&eacute;e de la toute-puissance du march&eacute; qui ne devait &ecirc;tre contrari&eacute; par aucune r&egrave;gle, par aucune intervention politique, cette id&eacute;e de la toute-puissance du march&eacute; &eacute;tait une id&eacute;e folle. L&rsquo;id&eacute;e que les march&eacute;s ont toujours raison est une id&eacute;e folle. Pendant plusieurs d&eacute;cennies, on a donc cr&eacute;&eacute; les conditions dans lesquelles l&rsquo;industrie se trouvait soumise &agrave; la logique de la rentabilit&eacute; financi&egrave;re &agrave; court terme. On a cach&eacute; les risques toujours plus grands qu&rsquo;on &eacute;tait oblig&eacute; de prendre pour obtenir des rendements de plus en plus exorbitants. On a mis en place des syst&egrave;mes de r&eacute;mun&eacute;ration qui poussaient les op&eacute;rateurs &agrave; prendre de plus en plus de risques absolument inconsid&eacute;r&eacute;s.</em></p>
<p class="p4"><em>&laquo;&nbsp;On a fait semblant de croire qu&rsquo;en mutualisant les risques on les faisait dispara&icirc;tre. On a laiss&eacute; les banques sp&eacute;culer sur les march&eacute;s au lieu de faire leur m&eacute;tier qui est de mobiliser l&rsquo;&eacute;pargne au profit du d&eacute;veloppement &eacute;conomique et d&rsquo;analyser le risque du cr&eacute;dit. On a financ&eacute; le sp&eacute;culateur plut&ocirc;t que l&rsquo;entrepreneur. On a laiss&eacute; sans aucun contr&ocirc;le les agences de notation et les fonds sp&eacute;culatifs. On a oblig&eacute; les entreprises, les banques, les compagnies d&rsquo;assurance &agrave; inscrire leurs actifs dans leurs comptes aux prix du march&eacute; qui montent et qui descendent au gr&eacute; de la sp&eacute;culation. On a soumis les banques &agrave; des r&egrave;gles comptables qui ne fournissent aucune garantie sur la bonne gestion des risques mais qui, en cas de crise, contribuent &agrave; aggraver la situation au lieu d&rsquo;amortir le choc. C&rsquo;&eacute;tait une folie dont le prix se paie aujourd&rsquo;hui !&nbsp;&raquo;</em></p>
<p class="p5">Comment ne pas &ecirc;tre d'accord?&nbsp;</p>
<p class="p6">Quand au prix &agrave; payer, j'&eacute;crivais dans mon pr&eacute;c&eacute;dent billet que nous allons devoir payer les erreurs de nos amis de la finance et de la banque pendant de longues ann&eacute;es.</p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.globaleconomie.com/blog/rss-comments-entry-13370975.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Le garrot</title><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><pubDate>Fri, 30 Sep 2011 17:10:43 +0000</pubDate><link>http://www.globaleconomie.com/blog/2011/9/30/le-garrot.html</link><guid isPermaLink="false">271126:2733834:13037266</guid><description><![CDATA[<p class="p1">L&rsquo;image du garrot, supplice jadis en usage en Espagne notamment, est assez atroce, bien loin du politiquement correct &laquo;&nbsp;se serrer la ceinture&nbsp;&raquo;.&nbsp;</p>
<p><span class="full-image-float-left ssNonEditable"><span><img src="http://www.globaleconomie.com/storage/garrot_250.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1317682366130" alt="" /></span></span></p>
<p class="p1">Mais la rigueur qui attend les pays Europ&eacute;ens, en termes de pertes de pouvoir d&rsquo;achat, de ch&ocirc;mage, de r&eacute;duction des avantages sociaux li&eacute;s &agrave; la retraite, aux soins de sant&eacute;, etc.. sera bien plus douloureuse que de se serrer la ceinture. Ces peuples - du moins parmi eux ceux qui supporteront l&rsquo;essentiel des efforts d&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; &ndash; se sentiront v&eacute;ritablement garrot&eacute;s, et cela pourrait durer des ann&eacute;es.</p>
<p class="p1">En ce qui concerne la zone Euro, plus la menace du pr&eacute;cipice se pr&eacute;cise, moins il se trouve d&rsquo;observateurs pour affirmer qu&rsquo;elle va se fracasser demain. Ils &eacute;taient plus nombreux il y a trois mois. La tentation du d&eacute;ni s&rsquo;accro&icirc;t avec le danger et les opinions &eacute;mises par les sp&eacute;cialistes deviennent chaque jour plus radicales et plus oppos&eacute;es les unes aux autres.</p>
<p class="p1">Hier, <a href="http://blogs.ft.com/the-a-list/2011/09/29/the-a-list-video-fear-will-save-eurozone/" target="_blank">Lawrence Summers</a>, ancien secr&eacute;taire au Tr&eacute;sor des Etats-Unis sous Clinton, expliquait dans une entrevue film&eacute;e avec Martin Wolf que <em>&laquo;la peur va sauver l&rsquo;Eurozone&raquo;</em>, parce que les gouvernements vont enfin se d&eacute;cider &agrave; prendre des mesures. On ne peut que saluer les experts quand ils accouchent d&rsquo;analyses aussi profondes...</p>
<p class="p1">&Agrave; l'oppos&eacute;, Nouriel Roubini est un de ceux qui persistent et signent dans une vision pessimiste de l&rsquo;&eacute;volution de la situation. Il avait donn&eacute; r&eacute;cemment au Financial Times un article dans lequel il affirmait que la Gr&egrave;ce devait faire d&eacute;faut et abandonner l&rsquo;Euro. Devant les r&eacute;actions violentes suscit&eacute;es par ses propos il s&rsquo;en est expliqu&eacute; longuement sur son <a href="http://www.economonitor.com/nouriel/2011/09/22/full-analysis-greece-should-default-and-abandon-the-euro/" target="_blank">blog</a>, sous le titre <em>Full analysis:Greece should Default and Abandon the Euro.</em></p>
<p class="p1">&Agrave; l&rsquo;inverse, un &eacute;conomiste comme <a href="http://blogs.ft.com/the-a-list/2011/09/28/greece-is-not-leaving-the-eurozone-not-now-not-ever/" target="_blank">Ian Bremmer</a>, directeur du <em>think tank</em> international Re-Define, entend d&eacute;montrer que la Gr&egrave;ce n&rsquo;a aucun int&eacute;r&ecirc;t &agrave; quitter la zone Euro et ne le fera pas.</p>
<p class="p1">Ce type d&rsquo;argumentation devient plus fr&eacute;quent. Dans un r&eacute;cent <em>chat</em>, le directeur de l&rsquo;Institut Bruegel, <a href="http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/09/28/jean-pisani-ferry-la-fin-de-la-zone-euro-serait-un-desastre-economique_1579232_3234.html" target="_blank">Jean Pisani-Ferry</a>, a essay&eacute; de d&eacute;montrer que <em>&laquo;la fin de la zone euro serait un d&eacute;sastre &eacute;conomique&raquo; </em>et qu'elle ne doit pas se produire.</p>
<p class="p1"><em>&nbsp;</em>Pendant ce temps les plans B, les plans de sauvetage et les solutions pr&eacute;sent&eacute;es comme radicales mais de nature &agrave; gu&eacute;rir le malade, fleurissent en coulissent et s&rsquo;&eacute;changent entre gouvernements.&nbsp;</p>
<p class="p1"><em><strong>EURECA, la trouvaille de Roland Berger Consultants</strong></em></p>
<p class="p1">Ainsi du plan <a href="http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/09/28/eureca-le-plan-secret-pour-venir-en-aide-a-la-grece_1579219_3234.html" target="_blank">EURECA</a>&nbsp;concoct&eacute; par la firme de conseil allemande Roland Berger Consultants pour sortir la Gr&egrave;ce de l&rsquo;orni&egrave;re. Ce plan est &nbsp;calqu&eacute; sur la Treuhand, le syst&egrave;me mis en place en Allemagne au moment de la r&eacute;unification en 1990.</p>
<p class="p1">En gros il s&rsquo;agit de vendre les actifs de la Gr&egrave;ce &agrave; une soci&eacute;t&eacute; holding financ&eacute;e par les &Eacute;tats europ&eacute;ens, &laquo;<em>dont le si&egrave;ge pourrait &ecirc;tre situ&eacute; au Luxembourg&raquo;</em>. Ces actifs entreraient dans la holding &agrave; un prix proche de celui qu&rsquo;ils devraient normalement valoir, alors que si on les vendait vraiment sur le march&eacute; aujourd&rsquo;hui on n&rsquo;en tirerait pas de quoi s&rsquo;acheter un p&eacute;dalo.&nbsp;</p>
<p class="p1">Cette pseudo cession des actifs grecs permettrait au pays de ramener sa dette souveraine &agrave; un niveau raisonnable. La holding serait charg&eacute;e de piloter la privatisation des actifs &ndash; c&rsquo;est &agrave; dite de vendre vraiment cette fois tout ce qui peut l&rsquo;&ecirc;tre -&nbsp; en proc&eacute;dant aux restructurations et r&eacute;formes qui s&rsquo;imposent, avec une &eacute;ch&eacute;ance fix&eacute;e &agrave; 2025 pour <em>&laquo;d&eacute;boucler&raquo; (clore) les op&eacute;rations&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p class="p1">Je ne sais pas si vous avez bien lu, mais c&rsquo;est assez fort: la Gr&egrave;ce assimil&eacute;e &agrave; l&rsquo;Allemagne de l&rsquo;Est, g&eacute;r&eacute;e depuis le Luxembourg selon les principes du capitalisme Rh&eacute;nan. Le plan &eacute;tait consid&eacute;r&eacute; comme <em>&laquo;secret&raquo;</em> il y a encore quelques jours; il ne l&rsquo;est &eacute;videmment plus.&nbsp;</p>
<p class="p1">Autre plan d&rsquo;attaque secret dont le contenu se retrouve d&eacute;sormais dans les m&eacute;dias, la lettre que le pr&eacute;sident&nbsp; sortant de la BCE &ndash; Banque Centrale Europ&eacute;enne &ndash; Jean Claude Trichet (cosign&eacute;e par Mario Draghi, qui lui succ&eacute;dera le 1<sup>er</sup> Novembre prochain), a adress&eacute;e le 5 ao&ucirc;t dernier au gouvernement Italien.</p>
<p class="p1">Elle vaut la peine d&rsquo;&ecirc;tre reproduite dans son int&eacute;gralit&eacute; parce qu&rsquo;elle donne une id&eacute;e des sacrifices que les grands argentiers internationaux vont demander aux populations des pays de la zone Euro en difficult&eacute;.</p>
<p class="p1">Quelques mots avant de passer au texte de cette lettre.</p>
<p class="p1">Il ne s&rsquo;agit pas ici de diaboliser les Trichet-Draghi de ce monde. S&rsquo;ils demandent <em>&laquo;du sang et des larmes&nbsp;&raquo;</em> &agrave; partir d&rsquo;une vision de l&rsquo;&eacute;conomie qui est discutable (apr&egrave;s la crise financi&egrave;re de 2008 on peut douter que leur vision &agrave; la Goldman Sachs soit la bonne) le rem&egrave;de de cheval qu&rsquo;ils pr&eacute;conisent est in&eacute;vitable. &nbsp;</p>
<p class="p1">Mais on peut se demander pourquoi les gouvernements et hommes politiques sont toujours les derniers &agrave; donner l&rsquo;heure juste &agrave; leurs citoyens. Et il faut aussi s&rsquo;inqui&eacute;ter d&rsquo;&eacute;ventuelles explosions politiques dans les pays les plus touch&eacute;s. Car la rigueur ne sera pas r&eacute;partie &eacute;quitablement. En Gr&egrave;ce les militaires et l&rsquo;&Eacute;glise semblent dispens&eacute;s de faire des efforts. Ailleurs les d&eacute;s&eacute;quilibres de revenus engendr&eacute;s par une financiarisation excessive de l&rsquo;&eacute;conomie ne sont toujours pas corrig&eacute;s.</p>
<p class="p1">Si la Gr&egrave;ce sortait de la zone Euro, cela pr&eacute;cipiterait l&rsquo;Europe dans une crise dont personne ne peut exactement cerner les contours. La rigueur qui s&rsquo;abattra sur les aux populations serait alors extr&ecirc;mement dure.&nbsp;</p>
<p class="p1">Mais s&rsquo;il faut soutenir financi&egrave;rement la Gr&egrave;ce <em>&laquo;&nbsp;jusqu'&agrave; ce que les chevaux volent&nbsp;&raquo;</em> comme l&rsquo;&eacute;crivait Martin Wolf du Financial Times il y a quelques mois dans l&rsquo;une de ses chroniques, la zone Euro se maintiendra tant bien que mal, et il faudra l&agrave; aussi &ndash; pour esp&eacute;rer sortir de la crise &ndash; appliquer pendant des ann&eacute;es une rigueur extr&ecirc;me.</p>
<p class="p1">Comme dit l&rsquo;expression am&eacute;ricaine <em>&laquo;&nbsp;damned if you do, damned if you don&rsquo;t&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p class="p1"><em><strong>La feuille de route envoy&eacute;e par Trichet &agrave; Berlusconi</strong></em></p>
<p class="p1">Voici les directives envoy&eacute;es au gouvernement italien par le pr&eacute;sident de la BCE&nbsp;:</p>
<p class="p2" style="padding-left: 30px;"><em>"Cher Premier ministre,</em></p>
<p class="p2" style="padding-left: 30px;"><em>Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale europ&eacute;enne a discut&eacute; le 4 ao&ucirc;t de la situation de l&rsquo;Italie sur les march&eacute;s obligataires. Le conseil des gouverneurs consid&egrave;re que les autorit&eacute;s italiennes doivent d&rsquo;urgence adopter des mesures propres &agrave; restaurer la confiance des investisseurs.</em></p>
<p class="p2" style="padding-left: 30px;"><em>Les chefs d&rsquo;Etat et de gouvernement de la zone euro avaient conclu lors du sommet du 21 juillet 2011 que &laquo;tous les pays de la zone euro r&eacute;affirment solennellement leur d&eacute;termination inflexible &agrave; honorer pleinement leur signature souveraine, ainsi que tous leurs engagements &agrave; mettre en place des conditions fiscales durables et des r&eacute;formes structurelles&raquo;. Le Conseil des gouverneurs consid&egrave;re que l&rsquo;Italie doit d&rsquo;urgence r&eacute;tablir la qualit&eacute; de sa signature souveraine, et r&eacute;affirmer son engagement pour une stabilit&eacute; fiscale et des r&eacute;formes structurelles.</em></p>
<p class="p2" style="padding-left: 30px;"><em>Le gouvernement italien a d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;&eacute;tablir un budget &eacute;quilibr&eacute; en 2014 et, &agrave; cette fin, a r&eacute;cemment mis en place un paquet fiscal. Ce sont des engagements importants, mais ils ne sont pas suffisants.</em></p>
<p class="p2" style="padding-left: 30px;"><em>Dans les circonstances actuelles, nous consid&eacute;rons les&nbsp;</em><strong><em>mesures</em></strong><em>&nbsp;suivantes comme </em><strong><em>indispensables</em></strong><em>&nbsp;:</em></p>
<p class="p2" style="padding-left: 30px;"><em>1. Nous estimons qu&rsquo;il est n&eacute;cessaire de mettre en place des mesures d&rsquo;envergure pour stimuler une croissance potentielle. Quelques d&eacute;cisions r&eacute;centes prises par le gouvernement vont dans ce sens ; d&rsquo;autres sont en cours de discussion avec les partenaires sociaux. Cependant, il faut faire davantage et il est crucial d&rsquo;avancer avec d&eacute;termination. Des d&eacute;fis cl&eacute;s consistent &agrave; accro&icirc;tre la comp&eacute;tition, particuli&egrave;rement dans les services, pour am&eacute;liorer la qualit&eacute; des services publics et pour mettre en place une r&eacute;gulation et des syst&egrave;mes fiscaux mieux adapt&eacute;s au soutien de la comp&eacute;titivit&eacute; des entreprises et &agrave; l&rsquo;efficacit&eacute; du march&eacute; du travail.</em></p>
<p class="p2" style="padding-left: 30px;"><em>a) Une strat&eacute;gie de r&eacute;forme globale, profonde et cr&eacute;dible, incluant la lib&eacute;ralisation totale des services publics locaux et des services professionnels est n&eacute;cessaire. Cela devrait &ecirc;tre appliqu&eacute; en particulier &agrave; l&rsquo;offre de services locaux, via des&nbsp;</em><strong><em>privatisations de grande ampleur</em></strong><em>.</em></p>
<p class="p2" style="padding-left: 30px;"><em>b) Il est aussi n&eacute;cessaire de r&eacute;former davantage le m&eacute;canisme collectif de n&eacute;gociation salariale permettant des accords d&rsquo;entreprises, afin d&rsquo;adapter les salaires et conditions de travail aux besoins sp&eacute;cifiques des firmes et d&rsquo;am&eacute;liorer leur pertinence vis-&agrave;-vis d&rsquo;autres niveaux de n&eacute;gociations. L&rsquo;accord du 28 juin entre les principaux syndicats et les associations patronales industrielles va dans ce sens.</em></p>
<p class="p2" style="padding-left: 30px;"><em>c) Une&nbsp;</em><strong><em>r&eacute;vision en profondeur des r&egrave;gles r&eacute;gissant le recrutement et le licenciement des salari&eacute;s</em></strong><em>&nbsp;devrait &ecirc;tre adopt&eacute;e, conjointement &agrave; la cr&eacute;ation d&rsquo;un syst&egrave;me d&rsquo;assurance-ch&ocirc;mage et d&rsquo;une s&eacute;rie de politiques actives du march&eacute; du travail capables de faciliter la r&eacute;allocation des ressources vers les entreprises et les secteurs les plus comp&eacute;titifs.</em></p>
<p class="p2" style="padding-left: 30px;"><em>2. Le gouvernement doit prendre des mesures imm&eacute;diates et courageuses pour garantir la p&eacute;rennit&eacute; des finances publiques.</em></p>
<p class="p2" style="padding-left: 30px;"><em>a) Des mesures fiscales correctives suppl&eacute;mentaires sont n&eacute;cessaires. Nous consid&eacute;rons qu&rsquo;il est essentiel que les autorit&eacute;s italiennes avancent l&rsquo;application des mesures adopt&eacute;es en juillet 2011 d&rsquo;au moins un an. Le but devrait &ecirc;tre d&rsquo;atteindre un d&eacute;ficit budg&eacute;taire meilleur que pr&eacute;vu en 2011, un emprunt net de 1% en 2012 et&nbsp;</em><strong><em>un budget &eacute;quilibr&eacute; en 2013, principalement via une r&eacute;duction des d&eacute;penses</em></strong><em>.</em></p>
<p class="p2" style="padding-left: 30px;"><em>Il est possible d&rsquo;intervenir davantage dans le syst&egrave;me de retraites, en rendant plus contraignants les crit&egrave;res d&rsquo;&eacute;ligibilit&eacute; aux pensions d&rsquo;anciennet&eacute; et en alignant rapidement l&rsquo;&acirc;ge de la retraite des femmes ayant travaill&eacute; dans le secteur priv&eacute; sur celui appliqu&eacute; aux employ&eacute;es du public, permettant ainsi de faire des &eacute;conomies d&egrave;s 2012. Le gouvernement devrait &eacute;galement envisager de r&eacute;duire de fa&ccedil;on significative le co&ucirc;t des&nbsp;</em><strong><em>emplois publics</em></strong><em>, en durcissant les r&egrave;gles de renouvellement du personnel et, si n&eacute;cessaire, en&nbsp;</em><strong><em>baissant les salaires</em></strong><em>.</em></p>
<p class="p2" style="padding-left: 30px;"><em>b) Un m&eacute;canisme de r&eacute;duction automatique du d&eacute;ficit devrait &ecirc;tre mise en place, stipulant que tout d&eacute;rapage par rapport aux objectifs sera automatiquement compens&eacute; par des coupes horizontales dans les d&eacute;penses discr&eacute;tionnaires.</em></p>
<p class="p2" style="padding-left: 30px;"><em>c) Les emprunts, y compris la dette commerciale et les d&eacute;penses des autorit&eacute;s r&eacute;gionales et locales devraient &ecirc;tre plac&eacute;es sous contr&ocirc;le strict, conform&eacute;ment aux principes de la r&eacute;forme en cours des relations fiscales intergouvernementales.</em></p>
<p class="p2" style="padding-left: 30px;"><em>Au vu de la gravit&eacute; de la situation actuelle des march&eacute;s financiers, nous consid&eacute;rons qu&rsquo;il est crucial que toutes les mesures &eacute;num&eacute;r&eacute;es dans les sections 1 et 2 ci-dessus soient adopt&eacute;es aussi vite que possible par d&eacute;cret-lois, suivies d&rsquo;une ratification du Parlement d&rsquo;ici fin septembre 2011. Une&nbsp;</em><strong><em>r&eacute;forme constitutionnelle visant &agrave; durcir la l&eacute;gislation fiscale</em></strong><em>&nbsp;serait &eacute;galement appropri&eacute;e.</em></p>
<p class="p2" style="padding-left: 30px;"><em>3. Nous encourageons aussi le gouvernement &agrave; prendre imm&eacute;diatement des mesures pour assurer une vaste r&eacute;forme de l&rsquo;administration publique afin d&rsquo;am&eacute;liorer l&rsquo;efficacit&eacute; administrative et la bienveillance &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des entreprises. Dans les services publics, l&rsquo;utilisation d&rsquo;indicateurs de performance devrait &ecirc;tre syst&eacute;matique (en particulier dans la sant&eacute;, l&rsquo;&eacute;ducation et le syst&egrave;me judiciaire). Il est n&eacute;cessaire de s&rsquo;engager fermement en faveur de l&rsquo;</em><strong><em>abolition</em></strong><em>&nbsp;ou de la consolidation&nbsp;</em><strong><em>de certains niveaux administratifs interm&eacute;diaires</em></strong><em>&nbsp;(comme les provinces). Les actions visant &agrave; r&eacute;aliser des &eacute;conomies d&rsquo;&eacute;chelle dans les services publics locaux devraient &ecirc;tre renforc&eacute;es.</em></p>
<p class="p2" style="padding-left: 30px;"><em>Nous esp&eacute;rons que le gouvernement prendra toutes les mesures appropri&eacute;es.&rdquo;</em></p>
<p class="p3">&nbsp;Lisez cette lettre en &eacute;conomiste: ces directives apparaissent comme une s&eacute;rie de mesure techniques qui pourraient effectivement &eacute;teindre l'incendie.</p>
<p class="p3">Lisez-les en tant qu'&ecirc;tre humain (non pas que les &eacute;conomistes n'en soient pas!) en vous pla&ccedil;ant du point de vue des populations qui, en Italie, en Gr&egrave;ce, au Portugal, en Espagne, en subiront les cons&eacute;quences, et dites-mois si ce n'est pas l'image du garrot qui vous vient &agrave; l'esprit.</p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.globaleconomie.com/blog/rss-comments-entry-13037266.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Avis de gros temps pour la gestion du risque des marchés!</title><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><pubDate>Sun, 25 Sep 2011 11:30:40 +0000</pubDate><link>http://www.globaleconomie.com/blog/2011/9/25/avis-de-gros-temps-pour-la-gestion-du-risque-des-marches.html</link><guid isPermaLink="false">271126:2733834:12974314</guid><description><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><em><strong>Un article PressLib* de <a href="http://www.pauljorion.com/blog/" target="_blank">Paul Jorion</a>&nbsp;sur son blog</strong></em></p>
<p><span class="full-image-float-left ssNonEditable"><span><img src="http://www.globaleconomie.com/storage/Jorion.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1316950818742" alt="" /></span></span>Vendredi, en une seule s&eacute;ance des march&eacute;s &agrave; terme, l&rsquo;or a perdu 5,8 % de sa valeur, et l&rsquo;argent-m&eacute;tal, 17,8%. Vu l&rsquo;&eacute;tat actuel des march&eacute;s financiers et de l&rsquo;&eacute;conomie en g&eacute;n&eacute;ral, qui amorce depuis quelques semaines la deuxi&egrave;me branche de l&rsquo;&eacute;volution en &laquo;&nbsp;W&nbsp;&raquo; ayant d&eacute;but&eacute; en 2007, la chose pourrait appara&icirc;tre surprenante, le m&eacute;tal pr&eacute;cieux &eacute;tant le prototype-m&ecirc;me de la valeur-refuge.</p>
<p>En r&eacute;alit&eacute;, le fait que le prix des m&eacute;taux pr&eacute;cieux &ndash; et l&rsquo;or en particulier &ndash; grimpait r&eacute;guli&egrave;rement depuis le mois de f&eacute;vrier, doit &ecirc;tre interpr&eacute;t&eacute; r&eacute;trospectivement comme un signe de la relative bonne sant&eacute; des march&eacute;s financiers durant les trois premiers quarts de l&rsquo;ann&eacute;e.&nbsp; Car si le prix de l&rsquo;or et de l&rsquo;argent baisse en ce moment, ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;ils ont cess&eacute; de jouer le r&ocirc;le de valeur refuge, c&rsquo;est parce que certains qui en poss&egrave;dent le vendent en ce moment, non pas pour r&eacute;aliser leurs gains mais parce qu&rsquo;ils ne peuvent pas faire autrement&nbsp;: pour payer leurs dettes qui se creusent ailleurs, ou parce que les chambres de compensation des march&eacute;s o&ugrave; ils sont positionn&eacute;es leur adressent des appels de marge, c&rsquo;est-&agrave;-dire leur enjoignent d&rsquo;approvisionner leur fonds de r&eacute;serve, en raison des pertes qu&rsquo;ils subissent l&agrave;.</p>
<p>Autrement dit, les ventes d&rsquo;or et d&rsquo;argent auxquelles on a assist&eacute; la semaine derni&egrave;re et vendredi en particulier, ne sont rien d&rsquo;autre que les ventes en catastrophe d&rsquo;intervenants en position d&eacute;licate. Une personne interrog&eacute;e hier par&nbsp;<a href="http://online.wsj.com/article/SB10001424053111903703604576589210888153064.html?mod=WSJ_hp_LEFTWhatsNewsCollection" target="_blank">le Wall Street Journal</a>&nbsp;signalait en particulier &laquo;&nbsp;qu&rsquo;il semble que des banques europ&eacute;ennes vendent de l&rsquo;or, peut-&ecirc;tre pour augmenter l&rsquo;argent liquide dont elles disposent et &eacute;tan&ccedil;onner leur bilan&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Lorsqu&rsquo;on entre dans des p&eacute;riodes de vente &agrave; la casse sur les march&eacute;s financiers, comme les ventes de m&eacute;taux pr&eacute;cieux dans la journ&eacute;e de vendredi, le plongeon se transforme bient&ocirc;t en chute en vrille. G&eacute;rer le&nbsp;<em>risque de march&eacute;</em>&nbsp;exige en effet que le prix de certains produits monte quand celui de certains autres baissent. Or, quand chacun se d&eacute;barrasse de tout ce qu&rsquo;il poss&egrave;de parce qu&rsquo;il n&rsquo;a en r&eacute;alit&eacute; pas d&rsquo;autre choix, comme c&rsquo;est le cas en ce moment, le prix de tous les produits s&rsquo;effondre simultan&eacute;ment. La<em>couverture</em>&nbsp;des positions financi&egrave;res &ndash; leur protection contre la perte par la prise de positions sur des produits dont le prix grimpe quand le leur baisse &ndash; cesse d&rsquo;&ecirc;tre possible et la gestion du risque entre en r&eacute;gime chaotique. Ce fut le cas vendredi, quand les pertes essuy&eacute;es oblig&egrave;rent les intervenants &agrave; se d&eacute;lester de certains de leurs actifs, dont la quantit&eacute; offerte &agrave; la vente fit alors baisser le prix, causant des pertes &agrave; d&rsquo;autres intervenants qui furent oblig&eacute;s de faire de m&ecirc;me, et ainsi de suite, cr&eacute;ant une spirale infernale.</p>
<p>Les m&eacute;saventures de M. Adoboli &agrave; l&rsquo;Union de Banques Suisses, r&eacute;v&eacute;l&eacute;es la semaine derni&egrave;re, nous rappelaient de mani&egrave;re d&eacute;rangeante celles de M. Kerviel au d&eacute;but de l&rsquo;ann&eacute;e 2008. Les ventes &agrave; la casse de vendredi nous replongent elles aussi dans l&rsquo;atmosph&egrave;re de 2008. Contrairement &agrave; ses homologues de la Soci&eacute;t&eacute; G&eacute;n&eacute;rale qui avaient choisi de se maintenir &agrave; la barre, M. Oswald Gr&uuml;bel, P-D.G. d&rsquo;UBS a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; d&eacute;missionner aujourd&rsquo;hui samedi. Comment interpr&eacute;ter son geste&nbsp;? Retour en force du sens de l&rsquo;honneur &agrave; la t&ecirc;te des banques&nbsp;? Ou jet, beaucoup plus troublant, de l&rsquo;&eacute;ponge ?</p>
<blockquote>
<p><strong>(*) Un &laquo; article presslib&rsquo; &raquo; est libre de reproduction num&eacute;rique en tout ou en partie &agrave; condition que le pr&eacute;sent alin&eacute;a soit reproduit &agrave; sa suite.</strong></p>
</blockquote>]]></description><wfw:commentRss>http://www.globaleconomie.com/blog/rss-comments-entry-12974314.xml</wfw:commentRss></item><item><title>La spéculation sur les productions alimentaires</title><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><pubDate>Mon, 05 Sep 2011 16:22:50 +0000</pubDate><link>http://www.globaleconomie.com/blog/2011/9/5/la-speculation-sur-les-productions-alimentaires.html</link><guid isPermaLink="false">271126:2733834:12737358</guid><description><![CDATA[<p><iframe width="560" height="345" src="http://www.youtube.com/embed/rpM9XxJ-vo4" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.globaleconomie.com/blog/rss-comments-entry-12737358.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Steve Jobs : le discours de Stanford (2005)</title><category>Economie</category><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><pubDate>Thu, 25 Aug 2011 01:55:55 +0000</pubDate><link>http://www.globaleconomie.com/blog/2011/8/24/steve-jobs-le-discours-de-stanford-2005.html</link><guid isPermaLink="false">271126:2733834:12617906</guid><description><![CDATA[<p><iframe width="420" height="345" src="http://www.youtube.com/embed/UF8uR6Z6KLc" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.globaleconomie.com/blog/rss-comments-entry-12617906.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Roubini explique au WSJournal pourquoi le système est fichu</title><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><pubDate>Fri, 12 Aug 2011 20:28:42 +0000</pubDate><link>http://www.globaleconomie.com/blog/2011/8/12/roubini-explique-au-wsjournal-pourquoi-le-systeme-est-fichu.html</link><guid isPermaLink="false">271126:2733834:12499249</guid><description><![CDATA[<p><span class="full-image-float-left ssNonEditable"><span><img src="http://www.globaleconomie.com/storage/roubini_300.pg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1313181972577" alt="" /></span></span>Jamais je n'aurais pens&eacute; vivre ce moment insolite o&ugrave; un grand gourou de l'&eacute;conomie lib&eacute;rale aux &Eacute;tats-Unis explique de fa&ccedil;on implacable au Wall Street Journal que le syst&egrave;me est fichu si on ne prend pas les grands moyens pour comprimer la dette (en faisant perdre de l'argent aux banques), d&eacute;bloquer des fonds publics pour soutenir l'&eacute;conomie et augmenter les revenus des classes moyennes et modestes. Et en plus il se paye le luxe de dire : " Marx was right"; ce que le Wall Street a repris en sous-titre &agrave; la Une !</p>
<p><object id="wsj_fp" width="512" height="363"><param name="movie" value="http://s.wsj.net/media/swf/main.swf"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><param name="flashvars" value="videoGUID={C036B113-6D5F-4524-A5AF-DF2F3E2F8735}&playerid=1000&plyMediaEnabled=1&configURL=http://wsj.vo.llnwd.net/o28/players/&autoStart=false" base="rtmpt://wsj.fcod.llnwd.net/a1318/o28/video"name="main"></param><embed src="http://s.wsj.net/media/swf/main.swf" bgcolor="#FFFFFF"flashVars="videoGUID={C036B113-6D5F-4524-A5AF-DF2F3E2F8735}&playerid=1000&plyMediaEnabled=1&configURL=http://wsj.vo.llnwd.net/o28/players/&autoStart=false" base="rtmpt://wsj.fcod.llnwd.net/a1318/o28/video" name="main" width="512" height="363" seamlesstabbing="false" type="application/x-shockwave-flash" swLiveConnect="true" pluginspage="http://www.macromedia.com/shockwave/download/index.cgi?P1_Prod_Version=ShockwaveFlash"></embed></object></p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.globaleconomie.com/blog/rss-comments-entry-12499249.xml</wfw:commentRss></item><item><title>L'agence de rating chinoise a-t-elle raison?</title><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><pubDate>Sun, 07 Aug 2011 16:18:55 +0000</pubDate><link>http://www.globaleconomie.com/blog/2011/8/7/lagence-de-rating-chinoise-a-t-elle-raison.html</link><guid isPermaLink="false">271126:2733834:12424755</guid><description><![CDATA[<p>Est-ce que <a href="http://www.dagongcredit.com/dagongweb/english/index.php" target="_blank">Dagong</a>, l'agence de rating chinoise, a raison de se montrer plus s&eacute;v&egrave;re que les grandes agences de notation comme Moody's, S&amp;P ou Fitch envers des pays comme le Royaume-Uni, la France, l'Italie et, bien s&ucirc;r, les &Eacute;tats-Unis?</p>
<p>C'est un d&eacute;bat d'experts que <a href="http://www.natixis.com/jcms/c_5154/accueil" target="_blank">Natixis</a>&nbsp; (banque fran&ccedil;aise de financement et d'investissement du groupe BPCE, issue de la fusion des groupes Caisse d'Epargne et Banque Populaire) a essay&eacute; de trancher r&eacute;cemment dans une note du 9 juin 2011, intitul&eacute;e <a href="http://www.globaleconomie.com/storage/Natixis_Dagong_ratings.pdf" target="_blank">"L'Agence de Rating chinoises (Dagong) a-t-elle raison?</a> Pour cela Natixis a analys&eacute; la situation des pays vis &agrave; vis desquels la notation de Dagong divergeait le plus fortement de celles des autres agences de notation.</p>
<p>Plut&ocirc;t que de paraphraser ce document, je vous sugg&egrave;re de le t&eacute;l&eacute;charger. Il ne compte que 10 pages, mais ses graphiques valent... de l'or.</p>
<p>Je ne reprendrais ici que l'articulation de la d&eacute;monstration et sa conclusion.</p>
<p><em><strong>Le premier crit&egrave;re retenu par Natixis dans sa comparaison est la situation des finances publiques.</strong></em></p>
<p class="p1">Le taux d&rsquo;endettement public des pays not&eacute;s AAA par Dagong est &agrave; peine sup&eacute;rieur &agrave; 40% du PIB en 2011. Or il va de 65% (Espagne) &agrave; 120% (Italie) pour les autres pays (85% pour la France, 98% pour la Belgique, 83% pour le Royaume-Uni ; 96% pour les Etats-Unis.</p>
<p class="p3">Un d&eacute;ficit public se corrige plus facilement si :&nbsp;</p>
<ol class="ol1">
<li class="li2">la pression fiscale est faible. C&rsquo;est le cas aux Etats-Unis. En Europe elle est &eacute;lev&eacute;e au Royaume-Uni, en Italie, encore plus en France et en Belgique.&nbsp;</li>
<li class="li2">les d&eacute;penses publiques sont ma&icirc;tris&eacute;es : c&rsquo;est le cas dans les pays not&eacute;s AAA par Dagong, mais pas dans les 6 autres pays o&ugrave; les d&eacute;penses publiques sont &eacute;lev&eacute;es (France, Belgique, Royaume-Uni, Italie), ou bien ont beaucoup augment&eacute; (Espagne, Etats-Unis).&nbsp;</li>
</ol>
<p class="p3">Au total, aucun des 6 pays ayant un rating faible chez Dagong par rapport aux 3 grandes agences de rating (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Italie, Belgique) ne m&eacute;rite un rating AAA, de loin, au vu de la situation des finances publiques.&nbsp;</p>
<p class="p3"><strong><em>Le second crit&egrave;re est la croissance potentielle&nbsp;</em></strong></p>
<p class="p2">Une croissance potentielle forte autorise &eacute;videmment un taux d&rsquo;endettement public plus &eacute;lev&eacute;. L'&eacute;tude de Natixis s'appuie sur la tendance des gains de productivit&eacute; et des perspectives d&eacute;mographiques.&nbsp;</p>
<p class="p3">La France, la Belgique, l&rsquo;Italie et l&rsquo;Espagne ont une croissance potentielle nettement plus faible que celle des pays not&eacute;s AAA par Dagong.</p>
<p class="p3">Dagong a une vision beaucoup plus n&eacute;gative que les agences de rating occidentales des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de la Belgique, de l&rsquo;Italie, de l&rsquo;Espagne.&nbsp;</p>
<p class="p3">Conclusion des experts de Natixis:&nbsp;</p>
<p class="p2"><em>"Comparant ces pays &agrave; ceux not&eacute;s AAA par Dagong en ce qui concerne la situation des finances publiques et la croissance potentielle, nous ne pouvons que donner raison &agrave; Dagong par rapport aux 3 grandes agences de rating".&nbsp;</em></p>
<p>&Eacute;videmment, l'autonomie de jugement de Dagong est mise en doute, compte tenu du fait que rien d'important en mati&egrave;re &eacute;conomique n'&eacute;chappe au gouvernement chinois. N&eacute;anmoins, l'exercice fait par Natixis se justifiait pleinement, m&ecirc;me si sa conclusion d&eacute;range.</p>
<p>On ne pourra pas dire en revanche que Natixis est &agrave; la solde du gouvernement chinois. J'attire votre attention sur le fait que son service de recherche &eacute;conomique est dirig&eacute; par un &eacute;conomiste remarquable, <a href="http://www.globaleconomie.com/storage/Artus-1.pdf" target="_blank">Patrick Artus</a>, qui publie, depuis quelques ann&eacute;s d&eacute;j&agrave;, des ouvrages un peu iconoclastes... lesquels ont tendance &agrave; se r&eacute;v&eacute;ler justes. Je pense &agrave; <em>Le capitalisme est en train de s'autod&eacute;truire</em>, paru en 2005, et &agrave; <em>La liquidit&eacute; incontr&ocirc;lable</em> (Pearson 2010).</p>
<p>Ce dernier livre devrait &ecirc;tre tr&eacute;s lu dans les prochaines semaines, quand on prendra conscience que tenter de noyer la crise sous de la cr&eacute;ation mon&eacute;taire est une nouvelle fa&ccedil;on de repousser les &eacute;ch&eacute;ances, ce que les Am&eacute;ricains appellent :&nbsp;<em>"quick the can along the road"</em>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span class="full-image-block ssNonEditable"><span><img src="http://www.globaleconomie.com/storage/kicking-the-can-400s.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1312736725309" alt="" /></span></span></p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.globaleconomie.com/blog/rss-comments-entry-12424755.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Dette des États : la peur s'installe</title><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><pubDate>Thu, 28 Jul 2011 20:11:36 +0000</pubDate><link>http://www.globaleconomie.com/blog/2011/7/28/dette-des-etats-la-peur-sinstalle.html</link><guid isPermaLink="false">271126:2733834:12312252</guid><description><![CDATA[<p><em><strong>Avec l'autorisation de l'auteur, <a href="http://www.les-crises.fr/" target="_blank">Olivier Berruyer</a>, je reproduis ci-dessous l'article qu'il a publi&eacute; aujourd'hui sur son blog et qui a &eacute;t&eacute; repris sur le blog de <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=26727#more-26727" target="_blank">Paul Jorion</a>.</strong></em></p>
<p>Peur, car oui, j&rsquo;ai peur, aujourd&rsquo;hui.</p>
<p>Le syst&egrave;me financier, assis sur des pyramides de dettes prenant appui les unes sur les autres est en train de sombrer, sa base constitu&eacute;e des dettes publiques prenant l&rsquo;eau de toute part.</p>
<p>&Eacute;ludons le sujet grec &ndash; c&rsquo;est &agrave; peine un suintement. Plus inqui&eacute;tant est la fuite europ&eacute;enne, avec l&rsquo;Espagne et l&rsquo;Italie dont les taux remontent d&eacute;j&agrave;, le cirque m&eacute;diatique des gouvernants europ&eacute;ens de la semaine derni&egrave;re ayant d&eacute;j&agrave; fait long-feu &ndash; 110 Md&euro; pour 1 semaine de calme, &ccedil;a fait cher la minute quand m&ecirc;me (11 M&euro;&nbsp;!)&hellip;</p>
<p>Mais si j&rsquo;emploie un mot si fort ce matin, c&rsquo;est bien &eacute;videmment &agrave; cause des &Eacute;tats-Unis, o&ugrave; les d&eacute;put&eacute;s ne se sont toujours pas mis d&rsquo;accord pour relever le plafond de la dette.</p>
<p>Honn&ecirc;tement, je me suis tromp&eacute;. J&rsquo;ai cru durant des semaines que ceci ne serait qu&rsquo;une formalit&eacute;, et que les &Eacute;tats-Unis auraient rapidement trouv&eacute; un accord pour relancer la machine &agrave; faire de la dette &ndash; solution qui finirait in&eacute;luctablement par un d&eacute;faut, d&ucirc; au sur-endettement, comme nous l&rsquo;avons d&eacute;j&agrave; longuement analys&eacute; dans une s&eacute;rie de billets pr&eacute;c&eacute;dente.</p>
<p>Mais je ne pensais pas que le blocage actuel adviendrait, alors que finalement, il aurait pu &ecirc;tre mieux pr&eacute;vu. Car au fond, les R&eacute;publicains vomissent l&rsquo;&Eacute;tat f&eacute;d&eacute;ral, qui a un soutien limit&eacute; de la population. Rappelons au passage que pour un am&eacute;ricain, l&rsquo;&Eacute;tat f&eacute;d&eacute;ral est per&ccedil;u &agrave; peine mieux que l&rsquo;embryon d&rsquo;&Eacute;tat europ&eacute;en chez nous&nbsp;: distant, et faiblement utile. Les D&eacute;mocrates y sont plus attach&eacute;s, mais le compromis demand&eacute; par les R&eacute;publicains revient justement &agrave; signer son d&eacute;mant&egrave;lement.</p>
<p>Donc si l&rsquo;&Eacute;tat fait d&eacute;faut, ceci parach&egrave;vera le Grand &OElig;uvre entam&eacute; sous Ronald Reagan, qui a fait exploser les d&eacute;ficits en baissant les imp&ocirc;ts des riches en augmentant les d&eacute;penses. OUI, j&rsquo;estime que le d&eacute;ficit public est l&rsquo;alli&eacute; des n&eacute;oconservateurs, la meilleure arme des liquidateurs de l&rsquo;&Eacute;tat. Car d&rsquo;une part, tant que la dette monte, elle enrichit outrageusement les patrimoines les plus ais&eacute;s par les int&eacute;r&ecirc;ts, v&eacute;ritable imp&ocirc;t &agrave; l&rsquo;envers. Et un jour, &eacute;videmment, l&rsquo;&Eacute;tat se retrouve en d&eacute;faut, et comme il est d&eacute;sormais hors de question de toucher aux patrimoines, il faut donc d&eacute;manteler la protection sociale puis le contrat social de 1945 &ndash; paix &agrave; leurs cendres. Quiconque pense que l&rsquo;&Eacute;tat a un r&ocirc;le &agrave; jouer devrait se battre pour son &eacute;quilibre financier, car un &Eacute;tat qui tend la main est un &Eacute;tat faible, qui finira d&eacute;mantel&eacute;&hellip;</p>
<blockquote>
<p><em>&laquo;&nbsp;Lorsqu&rsquo;un gouvernement est d&eacute;pendant des banquiers pour l&rsquo;argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contr&ocirc;lent la situation, puisque<span>la main qui donne est au-dessus de la main qui re&ccedil;oit.</span>&nbsp;[...] L&rsquo;argent n&rsquo;a pas de patrie ; les financiers n&rsquo;ont pas de patriotisme et n&rsquo;ont pas de d&eacute;cence ; leur unique objectif est le gain.&nbsp;&raquo;</em> [Napol&eacute;on Bonaparte]</p>
</blockquote>
<p>Bien entendu, le rem&egrave;de n&rsquo;est nullement de continuer &agrave; faire n&rsquo;importe quoi avec les finances publiques, qui devraient &agrave; mon sens tourner autour de principes simples&nbsp;:</p>
<p>1/ aucun d&eacute;ficit public hors p&eacute;riode de r&eacute;cessions&nbsp;;</p>
<p>2/ liquidation de toute dette publique en 4 &agrave; 5 ans&nbsp;;</p>
<p>3/ constitution d&rsquo;un matelas de prudence par des exc&eacute;dents les bonnes ann&eacute;es, pour limiter tout d&eacute;ficit&nbsp;;</p>
<p>4/ utilisation d&rsquo;un faible mais r&eacute;gulier concours de la banque centrale pour aider &agrave; l&rsquo;&eacute;quilibre budg&eacute;taire, sans menacer la monnaie.</p>
<p>L&rsquo;&Eacute;tat pouvant lever l&rsquo;imp&ocirc;t, il est tout de m&ecirc;me kafka&iuml;en de ne pas le faire, laissant leur argent aux&nbsp; contribuables ais&eacute;s, et d&rsquo;avoir &agrave; la place des d&eacute;ficits, qu&rsquo;on comble en demandant aux m&ecirc;mes contribuables de pr&ecirc;ter leur argent contre des int&eacute;r&ecirc;ts&hellip; Ou comment transformer ses imp&ocirc;ts en pr&ecirc;ts&hellip; Mais ils r&eacute;v&eacute;leront &agrave; la fin leur v&eacute;ritable nature d&rsquo;imp&ocirc;ts, puisqu&rsquo;il n&rsquo;est pas possible de les rembourser&hellip;</p>
<p>Pensons aux discours surr&eacute;alistes des gouvernants actuels&nbsp;: un Premier Ministre qui annonce en 2007 que &laquo;&nbsp;l&rsquo;&Eacute;tat est en situation de faillite&nbsp;&raquo;, mais qui augmente tranquillement en 4 ans la dette de 50 % (sic&nbsp;!)&nbsp;; un discours politique rab&acirc;ch&eacute; expliquant qu&rsquo;il est hors de question d&rsquo;augmenter les imp&ocirc;ts, mais qui augmente la dette, qui n&rsquo;est qu&rsquo;un imp&ocirc;t diff&eacute;r&eacute; &ndash; Charles de Gaulle, r&eacute;veille-toi, ils sont devenus fous !!!!</p>
<blockquote>
<p><em>&laquo; Il est f&acirc;cheux de l&eacute;galiser un suppl&eacute;ment de d&eacute;ficit. [...] Tout le monde doit s&rsquo;apercevoir qu&rsquo;un jour, il faut payer. [...] Le budget [1965] doit &ecirc;tre &eacute;quilibr&eacute; ! [...] L&rsquo;&Eacute;tat doit veiller aux &eacute;quilibres. C&rsquo;est un budget de stabilit&eacute; [...] &ccedil;a ne doit pas &ecirc;tre le dernier.&nbsp;<span>Il faut que &ccedil;a devienne la r&egrave;gle</span>. [...] Ce qui fait que, pour les jeunes, c&rsquo;est-&agrave;-dire pour l&rsquo;avenir, c&rsquo;est &eacute;norme,&nbsp;<span>c&rsquo;est r&eacute;volutionnaire</span>&nbsp;! &raquo;</em> [Charles de Gaulle]</p>
</blockquote>
<p>Revenons au plafond de la dette am&eacute;ricaine. Quel est ce danger&nbsp;? Contrairement &agrave; ce que l&rsquo;on pense et &agrave; ce que l&rsquo;on entend, j&rsquo;estime personnellement que le danger n&rsquo;op&eacute;rera pas de la m&ecirc;me fa&ccedil;on qu&rsquo;en Gr&egrave;ce. &Agrave; ce stade, ce pays est en effet exsangue&nbsp;: lamin&eacute; par le montant colossal de la dette et de sa charge d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;ts. Bref, la Gr&egrave;ce est &eacute;puis&eacute;e, et &eacute;tant devenue &agrave; risque, les march&eacute;s financiers ne lui pr&ecirc;teraient qu&rsquo;&agrave; des taux prohibitifs, non remboursables.</p>
<p>Pour comprendre la situation chez nous, je rappelle quelques chiffres&nbsp;pour la France :</p>
<ul>
<li>ressources nettes de l&rsquo;&Eacute;tat en 2010&nbsp;: 170 Md&euro;</li>
<li>d&eacute;penses&nbsp; nettes de l&rsquo;&Eacute;tat en 2010&nbsp;: 325 Md&euro;, dont 45 Md&euro; d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;ts sur la dette (soit plus que l&rsquo;imp&ocirc;t sur le revenu)</li>
<li>d&eacute;ficit public 2010&nbsp;: 155 Md&euro;</li>
<li>dette de l&rsquo;&Eacute;tat fin 2010 : 1&nbsp;230 Md&euro;, de dur&eacute;e moyenne 7 ans et de taux apparent 4 %.</li>
</ul>
<p>Le d&eacute;ficit est incroyablement lourd, mais le souci vient de la dette, qui &laquo;&nbsp;roule&nbsp;&raquo; en permanence. R&eacute;guli&egrave;rement, il faut par exemple rembourser 50 Md&euro; de bons du tr&eacute;sor &eacute;mis il y a 5 ans, et pour ce faire, on emprunte de nouveau 50 Md&euro; sur les march&eacute;s financiers (plus les int&eacute;r&ecirc;ts&hellip;). C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;&Eacute;tat &laquo;&nbsp;rembourse&nbsp;&raquo; sa dette &ndash; puisqu&rsquo;il ne peut faire autrement, &eacute;tant d&eacute;j&agrave; en d&eacute;ficit avant de payer les int&eacute;r&ecirc;ts, donc en lourd d&eacute;ficit apr&egrave;s les avoir pay&eacute;, et donc il n&rsquo;y a plus rien pour rembourser le capital emprunt&eacute;&hellip; Au final, l&rsquo;&Eacute;tat a &eacute;t&eacute; oblig&eacute; d&rsquo;emprunter en 2010 plus de 600 Md&euro;, oui, vous lisez-bien, 600&nbsp;000 millions d&rsquo;euros &ndash; 500 Md&euro; ayant servi &agrave; rembourser de la dette&hellip;</p>
<p>On ne nous parle que des soldes, mais c&rsquo;est bien le montant des flux qui compte. Car TOUTE LES SEMAINES, l&rsquo;&Eacute;tat encaisse 3 Md&euro; d&rsquo;imp&ocirc;ts, d&eacute;pense 5 Md&euro;, et emprunte 12 Md&euro;, dont 10 servent &agrave; rembourser de la dette&hellip; L&rsquo;&Eacute;tat doit donc tendre la main pour trouver plus de 2 Md&euro; chaque jour ouvr&eacute;&nbsp;! Et ce pour la France, c&rsquo;est autant pour l&rsquo;Allemagne, l&rsquo;Italie, la Grande-Bretagne&hellip;</p>
<p>Et ce fait est bien s&ucirc;r largement masqu&eacute; par les pouvoirs publics, qui se gardent bien de vous pr&eacute;senter le budget r&eacute;el de l&rsquo;&Eacute;tat&nbsp;en France &ndash; moi, dans mon budget, le remboursement de mes dettes est inclus&hellip;</p>
<p>&nbsp;<span class="full-image-block ssNonEditable"><span><img src="http://www.globaleconomie.com/storage/budget-france-500.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1311884467942" alt="" /></span></span></p>
<p>Et c&rsquo;est l&agrave; que tout se joue. L&rsquo;&Eacute;tat trouve ces sommes car depuis des d&eacute;cennies tout le monde pense que le bon du tr&eacute;sor est &laquo;&nbsp;l&rsquo;actif sans risque&nbsp;&raquo;. Et ceci ne repose que sur de la confiance &ndash; confiance d&rsquo;ailleurs &agrave; mon sens totalement infond&eacute; quand on per&ccedil;oit bien l&rsquo;&eacute;tendue des d&eacute;g&acirc;ts d&eacute;montr&eacute;e par les chiffres pr&eacute;c&eacute;dents. D&rsquo;ailleurs, comment avoir confiance dans un &Eacute;tat qui, depuis 35 ans, toutes les semaines tend la main pour se faire financer par les march&eacute;s financiers, et dont le pilote ne trouve rien de plus rassurant &agrave; dire &agrave; son pr&ecirc;teur que, en situation de grave d&eacute;ficit, lui vivant, on n&rsquo;augmentera jamais les recettes&hellip; &laquo;&nbsp;Merci, mais moi, je vais mettre mon argent ailleurs, du coup&hellip;&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>D&rsquo;ailleurs, il est &eacute;vident, au vus des chiffres pr&eacute;c&eacute;dent, qu&rsquo;on en peut rembourser 1&nbsp;300 M&euro; de dette avec de tels budgets, ni m&ecirc;me le quart&hellip;</p>
<blockquote>
<p><em>&laquo;&nbsp;Il n&rsquo;y a que les dettes que l&rsquo;on peut payer qui sont ennuyeuses.&nbsp;&raquo;</em> [Francis Picabia]</p>
</blockquote>
<p>Alors bien s&ucirc;r les taux vont monter &ndash; et 1 % de plus, c&rsquo;est 12 Md&euro; de charge suppl&eacute;mentaire, ce qui augmentera le d&eacute;ficit, donc la dette. Mais ceci est un probl&egrave;me de court-moyen terme.</p>
<p>A tr&egrave;s court terme, le risque c&rsquo;est que tout simplement les pr&ecirc;teurs, effray&eacute;s, ne pr&ecirc;tent plus &ndash; ou pr&ecirc;tent moins. Le souci principal n&rsquo;est donc pas tant de payer trop cher son emprunt, mais de se le voir refuser. Par exemple, l&rsquo;&Eacute;tat ne trouvera que 10 Md&euro; dans une semaine au lieu des 12 qu&rsquo;il lui faut. Et l&agrave;, il lui manque 2 Md&euro;, et il ne peut pas les trouver, donc il ne peut rembourser toute la dette venant &agrave; &eacute;ch&eacute;ance ou payer tous les salaires&hellip; C&rsquo;est la cessation de paiement assur&eacute;e.</p>
<p>Ainsi, d&egrave;s que la dette ne pourra plus &ecirc;tre roul&eacute;e, l&rsquo;&Eacute;tat n&rsquo;aura que 3 choix&nbsp;:</p>
<p>1/ il ne rembourse pas la dette (ou diminue les int&eacute;r&ecirc;ts contractuel vers&eacute;s)&nbsp;;</p>
<p>2/ il l&egrave;ve une taxe exceptionnelle sur l&rsquo;&eacute;pargne financi&egrave;re (3&nbsp;000 Md&euro; en France, sachant que le patrimoine total a doubl&eacute; en 10 ans, + 6&nbsp;000 Md&euro; &ndash; il y a de la marge, m&ecirc;me si c&rsquo;est tr&egrave;s d&eacute;sagr&eacute;able) ;</p>
<p>3/ il enjoint &agrave; la banque de France de cr&eacute;er&nbsp; et de lui remettre la somme dont il a besoin.</p>
<p>Les deux premi&egrave;res solutions sont &agrave; peu pr&egrave;s &eacute;quivalentes, car rappelons qu&rsquo;environ 80% de la dette publique est concentr&eacute;e chez les 10 % des contribuables les plus fortun&eacute;s. Ne pas les rembourser, ou leur prendre de l&rsquo;argent pour les rembourser revient &agrave; peu pr&egrave;s au m&ecirc;me. La derni&egrave;re est un saut dans l&rsquo;inconnu, car elle peut se r&eacute;v&eacute;ler tr&egrave;s inflationniste si le public perd confiance dans la monnaie.</p>
<p>Au final, ne plus pouvoir rouler la dette IMPOSE de la diminuer fortement. Or, diminuer de 500 Md&euro; la dette publique IMPOSE de diminuer les patrimoines financiers de 500 Md&euro; &ndash; c&rsquo;est b&ecirc;tement math&eacute;matico-comptable. Reste donc &agrave; savoir qui&nbsp;va &ecirc;tre oblig&eacute; de jouer &agrave; &laquo;&nbsp;Qui veut perdre des millions&nbsp;&raquo; &ndash; les plus fortun&eacute;s ou les autres&hellip;</p>
<p>Et j&rsquo;ai gard&eacute; le meilleur pour la fin. L&rsquo;&Eacute;tat f&eacute;d&eacute;ral am&eacute;ricain, c&rsquo;est 150 Md$ par semaine qu&rsquo;il emprunte &ndash; 8&nbsp;000 Md$ par an&hellip;</p>
<p>Voil&agrave; o&ugrave; nous en sommes r&eacute;ellement, voil&agrave; les enjeux v&eacute;ritables &ndash; certes bien moins important qu&rsquo;un d&eacute;bat national sur la couleur des uniformes des militaires pour le d&eacute;fil&eacute; du 14 juillet, puissent-ils ne pas devoir revenir dans les rues avant le prochain&hellip;.</p>
<p>Alors si le Congr&egrave;s am&eacute;ricain ne rel&egrave;ve pas le plafond (et il y a bien 1 chance sur 2 d&eacute;sormais), une temp&ecirc;te va se d&eacute;chainer la semaine prochaine, et 2008 restera une petite brise &agrave; c&ocirc;t&eacute;. S&rsquo;il est relev&eacute;, les &Eacute;tats-Unis gagneront quelques trimestres avant leur d&eacute;faut, qui adviendra non en raison du plafond, mais par tarissement des pr&ecirc;teurs. Car avec ces fondamentaux budg&eacute;taires, sa situation &eacute;conomique et ce cirque politique, les agences de notations ne peuvent que baisser la note des &Eacute;tats-Unis si elles font bien leur travail.</p>
<p>Mais &agrave; ce stade, le r&eacute;sultat importe peu. Une seule chose compte. Ce matin, les pr&ecirc;teurs obligataires qui ont de la dette am&eacute;ricaine &agrave; &eacute;ch&eacute;ance Aout 2011 ont terriblement peur. Et tous les pr&ecirc;teurs obligataires ont peur. Une bonne nouvelle lundi n&rsquo;enl&egrave;vera jamais ceci, et un mythe est mort ces derniers jours&nbsp;:&nbsp;<strong>non, le bon du tr&eacute;sor am&eacute;ricain n&rsquo;est pas &laquo;&nbsp;l&rsquo;actif sans risque&nbsp;&raquo;</strong>, c&rsquo;est un refuge potentiellement dangereux.</p>
<p>Inspir&eacute; par Marcel Pagnol, je dirais que&nbsp;<strong>la confiance, c&rsquo;est comme les allumettes, &ccedil;a ne sert qu&rsquo;une fois&hellip;</strong>&nbsp;Les cons&eacute;quences de ceci vont appara&icirc;tre dans tous les cas dans les prochaines semaines. Le d&eacute;faut est in&eacute;luctable &ndash; et ce ne sera pas la premi&egrave;re fois, car comme le disait un de nos anciens ministres des finances&nbsp;:</p>
<blockquote>
<p><em>&laquo;&nbsp;Un &Eacute;tat devrait faire d&eacute;faut tous les cent ans, afin de remettre les finances publiques en &eacute;quilibre.&nbsp;&raquo;</em> [Abb&eacute; Joseph-Marie Terray, ministre fran&ccedil;ais des finances de 1768 &agrave; 1774]</p>
</blockquote>
<p>En revanche, les cons&eacute;quences de ceci dans un r&eacute;gime de mondialisation financi&egrave;re follement b&acirc;tie sur la dette sont inconnues &ndash; bienvenue dans cette nouvelle exp&eacute;rience sociologique dont vous &ecirc;tes le cobaye&hellip;</p>
<p>En 1933, Roosevelt &eacute;tait aux commandes, et a v&eacute;ritablement sauv&eacute; les &Eacute;tats-Unis, puis le monde libre. De Gaulle attendait son heure en France, comme Churchill.</p>
<p>O&ugrave; sont nos Grands Hommes&nbsp;?</p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.globaleconomie.com/blog/rss-comments-entry-12312252.xml</wfw:commentRss></item></channel></rss>
