vendredi
sept.302011

Le Capitalisme à l'agonie

Le Capitalisme à l'agonie, de Paul Jorion, est un livre qui se lit avec la facilité d'un ouvrage grand public. 

Il plonge pourtant au coeur de la "science" (qualificatif abusif selon l'auteur) économique; jusqu'à cette bifurcation historique au cours de laquelle la réflexion économique "classique", se sentant menacée par les idées d'un Marx qui voulait la fin du capitalisme, a fait dévier le travail des économistes vers une apologétique du captalisme libéral et organisé la conspiration du silence autour de l'oeuvre de l'auteur du Capital.

Non pas que celui-ci ne se soit pas en partie trompé dans son raisonnement; ce qu'entend démontrer Jorion. Il le fait avec une feinte modestie, puisqu'il estime que sa pensée fait le lien avec celle de Ricardo et prolonge l'économie dite classique, complétant et corrigeant celle de Marx, enjambant avec dédain les bricolages intellectuels des pseudo penseurs libéraux du siècle dernier. Peuchère, ce n'est pas rien!

Jorion est l'un des personnages les plus sympathiques de la nouvelle scène intellectuelle française, où les économistes, ou ceux qui peuvent parler intelligemment d'économie, ont heureusement remplacé les histrions du type Bernard Henry Levy, dont l'art de l'autopromotion le dispute à la vanité de la pensée.

Cet antrophologue belge a fait sa thèse sur les conditions du marché des pêcheurs d'une petite île de Bretagne. Il a vécu onze ans en Angleterre où il est devenu un professionnel de haut niveau en informatique et cybernétique, avant de travailler une dizaine d'années aux États Unis dans un de ces hedge funds qui ont précipité la crise de 2008.

Il a connu l'antre du Moloch et démonté les rouages de cette course à l'abîme que constituaient les subprimes. Dès 2005 il cherchait un éditeur pour le livre qu'il venait d'écrire et qui annonçait la catastophe financière...

Aujourd'hui son blog a prés de 500 000 visiteurs uniques par mois, ce qui est énorme. Si les Français ne sont pas totalement intellectuellement dépourvus devant la crise ils le doivent en partie à Jorion.

vendredi
sept.302011

Endgame

Endgame, dont le sous-titre annonce la thèse de la l'auteur "The end of the debt suoercycle and how it changes everything". Écrit avec Jonathan Tepper.

John Mauldin est une personnalité peu ordinaire; père de 7 enfants (5 adoptés), conseiller en investissement de niveau international, Texan... et capable d'écrire sur la crise économique actuelle un livre "que mêmes les hommes politiques pourront comprendre", selon sa propre expression.

Il explique comment les Etats sont arrivés au bout d'un supercycle d'endettement et qu'il suffit désormais d'une pichenette pour que ce chateau de cartes s'effondre.

D'ou viendra-t-elle ? Les candidats ne manquent pas.

Quand? Entre hier et demain sans doute. A lire pour garder les idees claires dans la tempête.

vendredi
sept.302011

This Times is Different

Avec This Time is Different, les professeurs Kenneth Rogoff et Carmen Reihnart ont écrit sur les crises souveraines un livre qui est devenu en quelque mois un classique.

Le sous-titre donne le sens du livre "eight centuries of financial folly".

Personne avant eux n'avait rassemblé et corrélé autant de statistiques sur la faillite des Etats, parvenus au bout de leur derelections budgétaires.

Tout est là, pour qui veut bien voir, de ce qui attend nos pays.

C'est austère mais fragmenté en courts chapitres, trés lisible.

Ceux qui voudraient une approche plus "humaine" se rapporteront au livre qui était avant celui-ci "le" classique sur le sujet, Maniacs, Panics and crashes de Charles Kindelberger.

 

jeudi
avr.212011

La prospérité du vice

Avec La Prospérité du Vice, Daniel Cohen signe ce qui est peut-être son meilleur livre. Mais pas son meilleur titre (est-ce la faute de l’éditeur ?). Il faut attendre la page 65, pour comprendre le contexte malthusien de cette « prospérité du vice », qui a valu un temps à l’économie son nom de dismal science, la science sinistre.


Le livre est excellent d’un bout à l’autre, pondéré, érudit, écrit avec aisance et toujours facile à suivre. Ambitieux aussi, puisqu’il part de l’origine de la suprématie (aujourd’hui battue en brèche) européenne pour arriver au krach financier de 2008. Indispensable et gratifiant.

Daniel Cohen, La prospérité du vice. Une introduction (inquiète) à l'économie. 286 pages. Albin Michel, 2009.